Les Français n’ont pas vu dans la soif de pouvoir
qui l’a caractérisé durant sa campagne et même avant, les signes de l’hyper-présidentialisation qu’il est entrain de mettre en place.
Il a réduit le nombre de ministre et relégué le premier ministre au rang de speakerine du gouvernement. Pour affaiblir l’opposition et même en tirer du profit, il a appelé «ouverture» l’o.p.a.
qu’il a lancé sur le parti socialiste, en le dépouillant de ses vieux éléphants, qui n’avait certes, plus rien à faire sous une étiquette de «gauche». Je pense à Strauss-kahn, soudoyé avec la
direction de l’infâme F.M.I., ou au pseudo humaniste Kouchner avec un emploi fictif de ministre des affaires étrangères, que Super Sarko compte bien englober aussi…
Et quand bien même le temps lui manque, il préfère appeler la reine Cécilia à la rescousse, pour signer des pactes douteux avec la Libye, ou pour traiter la libération d’Ingrid Betancourt. Quand
Bernadette Chirac donne dans la mendicité de pièces jaunes, elle reste dans son domaine d’activité, mais pour des problèmes délicats de politique internationale, on ne peut pas envoyer la
première pin-up venue… C’est se foutre du monde…
Non seulement, il veut diriger tout seul, mais en plus il ne laissera personne d’autre récupérer les mérites de l’influence française en Afrique ou ailleurs dans le monde!
La machine médiatique Sarkozy suit la logique américaine, qui veut que le peuple soit forcément idiot. il préfère donc être sur tous les fronts, à essayer de nous faire croire qu’il y combat
réellement… Du moindre chat écrasé, à la plus banale cérémonie médiatisée, il faut qu’il soit vu, en short de préférence, ça fait plus proche du peuple…
Sa manière de faire de la politique, c’est le coup de grâce à une démocratie déjà agonisante.
Dans un même discourt, il peut dire absolument tout et son contraire. Il se défend de vouloir communautariser ou racialiser l’identité nationale, mais en même temps prétend que l’identité est
encrée dans la génétique. Il invente une discrimination positive, mais en même temps, abuse de qualificatifs dégradants pour évoquer la jeunesse désabusée des banlieues. Il crie son patriotisme,
mais en même temps veut déléguer tous les pouvoirs de la France au capital et aux technocrates européens…
Ce double discourt permanent provoque la confusion chez l’électeur, et fait que la question de la vérité en politique ne se pose plus, puisqu’il peut toujours désamorcer la critique en rappelant
qu’il a dit le contraire…
Une autre de ses méthodes nauséabondes consiste à profiter de l’émotion provoquée par le moindre fait divers, gonflé par les médias qui le soutiennent, pour faire
passer ses lois liberticides. Depuis le 11 septembre, on a bien compris qu’un peuple dans l’émois accepterait n’importe quoi…Et quand les faits divers attendus ne viennent pas d’eux-mêmes, on les
provoque...
Dans ce monde où, pour être un bon politicien, et Sarkozy est un des meilleurs, il faut faire abstraction de toute spontanéité, le «nettoyage au karcher» est une expression qu’on
réfléchit, qu’on pèse, et dont on calcule les réactions… Et dans des banlieues gangrenées par les frustrations, il ne faut rien de plus pour mettre le feu aux
poudres….
Il s’est probablement vu à l’Elysée ce soir de 21 avril 2002, où, avec près de 20% des voix, Le Pen passait au second tour de la présidentielle.
Voilà l’heure providentielle où Sarko jouerait sur son terrain, où il pourrait, enfin, ôter son masque de libéral démocrate qui commençait à lui donner des boutons…
Pour se faire élire, il lui suffirait de faire du Le Pen sous l’étiquette UMP, en rajoutant une citation de Jaurès ou Blum, histoire de quand même grappiller un peu à gauche…
Pour séduire les électeurs du FN jusqu’au bout, il a promis le respect du NON au référendum sur la constitution européenne... Et sa première mesure de président tombe : un traité
simplifié par la voie parlementaire, reprenant les grandes lignes de son grand frère mort-né grâce à la vigilance des 2 seuls peuples interrogés sur la question…
Si il a tout le côté autoritariste, voir xénophobe, de l‘extrême droite, ce chantre du capitalisme mondialiste n’a rien d’un nationaliste... De cet erreur sur la personne,
croyez-moi, la France profonde s’en mordra les doigts…